{"id":4134,"date":"2014-03-29T00:00:17","date_gmt":"2014-03-28T23:00:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/?p=4134"},"modified":"2017-11-04T23:19:28","modified_gmt":"2017-11-04T22:19:28","slug":"traffic-lights-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/?p=4134&lang=fr","title":{"rendered":"Traffic Lights"},"content":{"rendered":"<div class=\"ligne1\"><strong>Traffic Lights (d&rsquo;apr\u00e8s Alastair MacLennan), 2014.<\/strong><br \/>\nC-type photographie, texte.<br \/>\nProduction Galerie du Dourven.<\/div>\n<div class=\"ligne1\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"ligne1\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"ligne1\">\n<figure id=\"attachment_4130\" aria-describedby=\"caption-attachment-4130\" style=\"width: 667px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/dmc-traffic-lights.jpg\" alt=\"\" width=\"667\" height=\"1000\" class=\"size-full wp-image-4130\" srcset=\"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/dmc-traffic-lights.jpg 667w, http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/dmc-traffic-lights-220x330.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 667px) 100vw, 667px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4130\" class=\"wp-caption-text\">David Michael Clarke. Traffic Lights (d&rsquo;apr\u00e8s Alastair Alastair MacLennan). Plestin-les-Gr\u00e8ves. C-Type photographie &amp; texte. 2014. \u00a9 David Michael Clarke ADAGP.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div class=\"ligne1\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"ligne1\">\n<strong>Traffic Lights<\/strong><\/p>\n<p><em>R\u00e9activation d\u2019une action artistique d\u2019Alastair MacLennan, 1977.<br \/>\nLes quatre chemins, Plestin-les-Gr\u00e8ves.<br \/>\nSamedi 29 mars 2014<\/em><\/p>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 l\u2019action \u00e0 09H00. Avec mes assistants, Elina et Tristan, nous avons choisi le meilleur endroit pour faire la \u00ab photographie t\u00e9moignage \u00bb. Ceci peut sembler anodin mais c\u2019est ma position dans cette image qui a d\u00e9termin\u00e9 le sens de la marche, inverse \u00e0 celui des aiguilles d\u2019une montre. Ensuite, Elina et Tristan sont discr\u00e8tement partis.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 hyper-conscient de ma propre \u00ab \u00e9tranget\u00e9 \u00bb et de la mani\u00e8re dont j\u2019aurais pu \u00eatre per\u00e7u par les riverains. J\u2019\u00e9tais s\u00fbr que t\u00f4t ou tard, quelqu\u2019un m\u2019interpellerait sur la question de ma pr\u00e9sence et de mon activit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est une heure et demie plus tard que le premier riverain s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9. Le propri\u00e9taire du bar-tabac est venu me voir et m\u2019a demand\u00e9 si j\u2019avais perdu quelque chose. Il a pr\u00e9cis\u00e9 m\u2019avoir vu tourner en rond depuis une \u00e9ternit\u00e9. Je lui ai r\u00e9pondu que je n\u2019avais rien perdu et lui ai fait part de mon int\u00e9r\u00eat pour une oeuvre d\u2019art performative r\u00e9alis\u00e9e originellement dans les ann\u00e9es soixante-dix et que j\u2019\u00e9tais en train de r\u00e9activer. Je lui ai racont\u00e9 les modalit\u00e9s de l\u2019oeuvre qui consistait \u00e0 marcher d\u2019un feu \u00e0 l\u2019autre pendant toute une journ\u00e9e. Il m\u2019a souhait\u00e9 \u00ab bon courage \u00bb.<\/p>\n<p>Le reste de la matin\u00e9e s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 plus ou moins sans incident. J\u2019ai march\u00e9. Je me suis arr\u00eat\u00e9. J\u2019ai repris la marche. Impossible de trouver un rythme car les feux \u00e9taient r\u00e9gl\u00e9s en fonction du flux du trafic. Impossible d\u2019\u00e9laborer une pens\u00e9e car chaque fois qu\u2019une id\u00e9e commen\u00e7ait \u00e0 prendre forme, j\u2019\u00e9tais interrompu dans mes r\u00e9flexions par l\u2019homme vert qui me rappelait que c\u2019\u00e9tait le moment de reprendre mes pas.<\/p>\n<p>A midi pile, je me suis arr\u00eat\u00e9 et je suis all\u00e9 en ville \u00e0 la recherche d\u2019un restaurant.<br \/>\nJ\u2019ai recommenc\u00e9 l\u2019action \u00e0 14H00. J\u2019\u00e9tais plus calme que le matin, plus relax. Je ne sais pas pourquoi, peut-\u00eatre parce que je m\u2019inqui\u00e9tais moins de la possibilit\u00e9 de la rencontre avec le public. Peut-\u00eatre parce que le soleil per\u00e7ait un peu plus. Peut-\u00eatre parce que j\u2019\u00e9tais plus pr\u00e8s de la fin de mon action. J\u2019observais donc un peu plus la vie autour de moi.<\/p>\n<p>En face du bar-tabac il n\u2019y a pas de commerce. L\u2019architecture a gard\u00e9 les traces d\u2019une vie commerciale d\u2019une autre \u00e9poque mais celle-ci a disparu depuis longtemps. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du passage clout\u00e9 se trouve la seule maison individuelle du carrefour. Une vieille dame est sortie de cette maison \u00e0 deux occasions, sans doute pour faire de petits achats. Nos regards se sont crois\u00e9s, mais nous n\u2019avons pas engag\u00e9 de conversation. La vingtaine de m\u00e8tres de marche pour acc\u00e9der au prochain passage clout\u00e9 me conduit devant un institut de beaut\u00e9 sp\u00e9cialiste dans le vernis \u00e0 ongles et le parfum, mitoyen d\u2019un salon de coiffure ouvert sans interruption le samedi. En revanche, je n\u2019ai jamais eu l\u2019occasion de parler avec les clients et les responsables de ces deux commerces. En face se trouve un magasin sp\u00e9cialiste dans les grands tirages num\u00e9riques, le d\u00e9coupage de vinyles adh\u00e9sifs et la fabrication d\u2019enseignes. Pendant la matin\u00e9e, ce magasin \u00e9tait ferm\u00e9 mais l\u2019apr\u00e8s-midi un homme est venu travailler. Le dernier passage clout\u00e9 me ram\u00e8ne au bar-tabac que je dois longer avant de me retrouver au point de d\u00e9part.<\/p>\n<p>En tout cas, j\u2019avan\u00e7ais pas \u00e0 pas. Comme le matin, mes pens\u00e9es \u00e9taient toujours entrecoup\u00e9es par l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019homme vert. Vers 15H00, deux hommes sont sortis d\u2019un petit chemin \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du bar-tabac. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 un de ces messieurs plus t\u00f4t dans l\u2019apr\u00e8s-midi lorsqu\u2019il \u00e9tait en train d\u2019arracher les mauvaises herbes qui poussaient dans ses goutti\u00e8res. Ils avaient l\u2019air tr\u00e8s sympathiques et ils \u00e9taient clairement tr\u00e8s inquiets par mon manque apparent d\u2019orientation.<\/p>\n<p>&#8211; Vous \u00eates perdu ? Vous n\u2019allez pas continuer de tourner en rond toute la journ\u00e9e?<br \/>\n&#8211; Non et oui, j\u2019ai r\u00e9pondu.<\/p>\n<p>Pour la deuxi\u00e8me fois, j\u2019ai racont\u00e9 l\u2019histoire de cette action artistique et la mani\u00e8re dont j\u2019ai pu prendre contact avec l\u2019auteur, Alastair MacLennan. Ils m\u2019ont jet\u00e9 un regard curieux mais pas tout \u00e0 fait satisfait. Puis je leur ai fait part d\u2019une de mes petites pens\u00e9es du jour :<\/p>\n<p>&#8211; Traverser la route n\u2019est pas plus absurde que fumer une cigarette et il y a des gens qui fument des cigarettes toute la journ\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Alors l\u00e0, je suis d\u2019accord ! a r\u00e9pondu le plus ancien des deux.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait visiblement rassur\u00e9 que je sois capable d\u2019\u00e9voquer une r\u00e9flexion qui lui semblait \u00eatre rationnelle. Ainsi ils m\u2019ont souhait\u00e9 bonne continuation et j\u2019ai repris la marche. Au prochain tour, le vieux monsieur se trouvait \u00e0 sa fen\u00eatre et m\u2019a salu\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai continu\u00e9 l\u2019action tout le reste de l\u2019apr\u00e8s-midi sans aucun autre incident jusqu\u2019\u00e0 16h30. A ce moment, un homme est sorti du bar-tabac en m\u2019adressant la parole comme si on \u00e9tait de vieux copains.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est comment le nom de l\u2019artiste \u00e0 l\u2019origine de ton projet, au fait ?<\/p>\n<p>Jusque l\u00e0, \u00e0 ma connaissance, je n\u2019avais jamais vu ce monsieur de ma vie. Ma pr\u00e9sence a clairement \u00e9t\u00e9 le sujet du jour au comptoir du bar-tabac. Ainsi j\u2019ai repris ma petite histoire pour la troisi\u00e8me fois. Il a bien rigol\u00e9 avant de dispara\u00eetre dans une porte en face. Quelques tours plus tard il est revenu avec son iPhone. Il voulait une photo. Je me suis tenu debout comme la Tour Eiffel.<\/p>\n<p>Juste avant 17H00, Elina est revenue pour me chercher. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s content d\u2019avoir r\u00e9activ\u00e9 cette oeuvre, mais j\u2019\u00e9tais aussi vraiment content de la voir.\n<\/p><\/div>\n<div class=\"ligne1\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"ligne1\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"ligne1\"><strong>Voir aussi:<\/strong><br \/>\n<a href=\"#\">Flying Black Cow Utopia Club (volet #01)<\/a><\/p>\n<div class=\"ligne1\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"ligne1\"><strong>Liens:<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Alastair_MacLennan\">Alastair MacLennan on Wikipedia.<\/a>\n<\/div>\n<div class=\"ligne1\">&nbsp;<\/div>\n<div class=\"ligne1\">&nbsp;<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traffic Lights (d&rsquo;apr\u00e8s Alastair MacLennan), 2014. C-type photographie, texte. Production Galerie du Dourven. &nbsp; &nbsp; &nbsp; Traffic Lights R\u00e9activation d\u2019une action artistique d\u2019Alastair MacLennan, 1977. Les quatre chemins, Plestin-les-Gr\u00e8ves. Samedi&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4130,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[89,107,83,41,147],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4134"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4134"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4134\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4136,"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4134\/revisions\/4136"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4130"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4134"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.davidmichaelclarke.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}